Née le 12 juin 1994 à Bingerville, en Côte d’Ivoire, Carolle Zahi est une sprinteuse qui incarne la persévérance et la force mentale. 10 fois championne de France Elite, finaliste internationale et olympienne, elle a marqué le sprint bleu et jaune. Mais au-delà de ses exploits sur la piste, son parcours est une véritable leçon de vie, où sport, maternité et foi s’entrelacent.
En 2019, Carolle rejoint le CA Montreuil 93 et s’impose rapidement comme l’un des piliers du club. Dès son arrivée, elle multiplie les performances de haut niveau : championne du monde militaire sur 100m en 2019, victorieuse aux World Relays sur 4x200m la même année, puis finaliste olympique avec le relais 4x100m aux Jeux de Tokyo en 2021.
En 2022, Carolle met sa carrière sportive entre parenthèses pour donner naissance à son fils. Un moment clé qui va redéfinir son rapport à l’athlétisme, mais aussi sa vision de la vie. « Un message que j’ai voulu porter pour les mamans : ne pas abandonner. Quand on y croit vraiment, on finit par accomplir. Elles peuvent concilier leur projet personnel, professionnel et la maternité. » Le chemin du retour au plus haut niveau est semé d’embûches : 7 ans sans une saison hivernale complète, entre blessures et grossesse.
En 2023 et en 2024 elle retrouve les finales des Championnats de France Elite sur 100m. Une reconstruction patiente, mais bien réel à force d’effort acharner.
Cet hiver, quelque chose à changé, une renaissance… « J’avais hâte d’arriver sur le stade et de courir, le doute avait disparu. » Et les résultats suivent : championne de France Elite sur 60m, demi-finaliste aux Championnats d’Europe. Une résurgence qui prouve que son talent et sa détermination n’ont jamais disparu.
Foi et force mentale : les piliers de sa résilience
Si Carolle Zahi a su surmonter les périodes de doute, c’est en grande partie grâce à sa foi chrétienne. « Dans les moments difficiles, je m’y rattache énormément. C’est comme un château de sable : dès que le doute s’installe, tout s’écroule. » Alex Menal, Son entraîneur, qui la suit depuis ses 18 ans, joue également un rôle crucial. « Quand je suis déçue, il l’est aussi. C’est le seul capable de mettre des mots sur ça, et ça me soulage. » Cette relation de confiance a permis à Carolle de toujours croire en elle et de poursuivre son rêve malgré les obstacles.
La maternité, une nouvelle force
Être mère et athlète de haut niveau est un défi immense. Carolle l’a vécu pleinement, élevant seule son fils tout en poursuivant son rêve olympique. « On est passés par beaucoup d’étapes avec lui, mais ma mission sur terre, c’est qu’il soit vraiment heureux. » La parentalité dans le sport féminin est encore un sujet délicat, avec une pression plus forte sur les athlètes femmes. « On ne devrait pas avoir de mal à assumer la parentalité tant qu’on a les ressources financières. Mais pour une femme, c’est une prise de risque : est-ce le bon moment pour faire une coupure due à la grossesse ? Ai-je le temps d’attendre la fin de ma carrière ? » Carolle ne veut pas se fixer de limites et laisse son corps décider du reste. « Je ne me mets pas de barrière d’âge. Je me laisse guider. »
Et maintenant ? La barre des 11 secondes en ligne de mire. Avec ce retour en force, la sprinteuse ne compte pas s’arrêter là. « La barre des 11s ? Ce n’est pas impossible ! Objectif Tokyo ! »
Carolle Zahi, plus déterminée que jamais, prouve que la maternité n’est pas une fin de carrière, mais une nouvelle source de force. À 30 ans, elle écrit une nouvelle page de son histoire, portée par son fils, sa foi et son amour du sprint.